Avec ses 500 km2, Montréal↗
(Fig. 2) est une ville environ cinq fois plus grande
que Paris↗, mais près de sept fois moins dense avec
seulement 1,8 millions d'habitants (3625 habitants par kilomètre
carré, contre plus de 24000 pour Paris). On entend parfois dire de
Montréal, en comptant son agglomération, qu'elle est un « village de
trois millions d'habitants. »
Fig. 2: l'Île de Montréal
La ville comporte quatre universités, deux sont anglophones
(McGill University et
Concordia University, toutes deux
dans le centre), les autres étant francophones
(l'Université du Québec à Montréal, dans
le centre également et l'Université
de Montréal, au nord). Ces universités et les écoles qui leur sont
rattachées (notamment HEC et
Polytechnique) regroupent un total de
près de 160000 étudiants, faisant de Montréal une des grandes villes
d'Amérique du Nord ayant les plus fortes densités d'étudiants
post-secondaires (source:
Wikipedia↗).
Le réseau de métro (fig. 3), exploité par la
société de transport de Montréal,
n'est pas très vaste, si on prend en compte le fait qu'il est celui de
la ville la plus peuplée de la province, avec seulement quatre
lignes – dont une ne comporte que de trois stations: des restes de
l'exposition universelle 1967↗. Il y a un trou dans la
numérotation, pour des raisons historiques: lignes 1, 2, 4 et 5,
presque toujours désignées par leur couleur (pas très
WAI tout ça), respectivement vert,
orange, jaune et bleu.
La sortie de la station Square-Victoria, une vraie bouche de métro
style Guimard, vaut le détour.
Fig. 3: plan sommaire du métro de Montréal
Le fonctionnement correspond à celui des lignes les plus modernes du
métro parisien: les portes s'ouvrent automatiquement à chaque
arrêt. L'assise est plus dure qu'à Paris, mais confortable pour de
courts trajets. Compte tenu de l'étendue du réseau, les trajets sont
presque toujours assez courts.
Dans les rames, les stations sont annoncées par la douce voix de
Judith Ouimer, sauf sur la ligne verte,
dont les rames ne sont pas toutes équipées du système audio. Dans ce
cas, le chauffeur annonce les stations, ou pas. Les annonces prennent
l'une des formes suivantes:
« Prochaine station: Berri-UQAM »,
immédiatement en quittant la station. L'annonce est synchronisée avec
un affichage à l'intérieur des wagons (sauf sur la ligne verte qui
n'en dispose pas), qui mentionne les correspondances existantes avec
les lignes de bus, de métro et de train.
« Station: Berri-UQAM », juste avant d'atteindre la station.
« Attention. Une intervention des ambulanciers nous oblige à
interrompre le service pour une durée indéterminée sur la ligne
bleue entre les stations Snowdon et Saint-Michel. Attention.
Service interrompu sur la ligne bleue entre les stations Snowdon
et Saint-Michel. D'autres messages suivront. » Ça change du « grave
incident voyageur » de la Régie
autonome.
Et ma préférée, déclamée sur un ton monotone à souhait:
« Station: Snowdon. Terminus. Merci d'avoir voyagé avec la STM.
Bonne soirée. »
Fig. 4: billet de correspondance obtenu à la station de métro Rosemont
Dans le métro, pour utiliser un ticket – ils sont disponibles à
l'unité ou en « lisière » de six –, il faut l'introduire dans le
tourniquet en entrant ou, pour le tourniquet le plus proche du
planton, l'introduire directement dans la fente prévue à cet effet
dans la façade du guichet. On ne récupère pas le ticket oblitéré:
venant d'un pays où la notion d'honnêteté vis-à-vis des services
publics est différente, c'est complètement ahurissant, puisque les
contrôles sont impossibles (en dehors de contrôles juste après les
tourniquets, mais il faudrait quand même être un peu crétin pour
frauder et ne pas voir les contrôleurs).
Juste après les tourniquets se trouve une machine qui distribue des
tickets de correspondance, utiles si le trajet nécessite de prendre le
bus. Ces tickets doivent être pris immédiatement en entrant dans le
métro (et non en en sortant). Il s'agit d'un petit bout de papier sur
lequel est simplement imprimé le nom de la station et une date de
validité.
En entrant dans le bus, il faut (dire bonjour au conducteur et)
introduire le ticket dans la boîte de perception. Le chauffeur rend
alors, sur demande, un billet de correspondance.
Si on monte dans le bus avec un ticket de correspondance, il faut le
présenter au chauffeur puis le conserver (dans le cas d'un billet de
correspondance déjà reçu dans le bus et qu'on souhaite réutiliser), le
faire échanger contre un billet de correspondance d'un modèle
différent et accepté dans le métro (dans le cas d'un billet de
correspondance reçu dans le métro, si on a une autre correspondance à
emprunter) ou l'abandonner au conducteur (si on n'a plus aucune
correspondance à prendre).
Il n'existe pas de ticket de correspondance métro vers métro,
puisqu'il n'est jamais nécessaire de quitter le réseau pour changer de
ligne, à la différence de ce qui a lieu à certaines stations du métro
parisien.
Les tickets de correspondance sont inutiles également lors de
l'utilisation de cartes d'abonnement. Ces cartes sont à glisser dans
le lecteur de cartes magnétiques des tourniquets, dans le métro, ou à
présenter au chauffeur, dans le bus.